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Dans le cadre du Forum russe de l’export et de l’investissement, b2b-export.com est intervenu en tant qu’organisateur de la session «Nouveaux marchés pour les entreprises russes: Afrique, Asie, Amérique latine, Proche-Orient». Les experts invités à la table ronde ont discuté des perspectives des entreprises russes dans ces régions et des possibilités d’accès aux nouveaux marchés s’offrant aux producteurs.

Secteurs de croissance pour les exportateurs

Les objectifs principaux auxquels font aujourd’hui face les entrepreneurs russes sont l’augmentation de leurs profits et la promotion à l’étranger de leurs exportations autres que les matières premières. D’après Aïrat Nazmeïev, directeur général de la corporation pour l’export de la République du Tatarstan, les pistes prioritaires pour la résolution de ces enjeux découlent du manque de formation appropriée des spécialistes impliqués dans les activités d’export. « En menant des entretiens et en regardant la structure interne des entreprises, nous avons mis à jour un manque de connaissances chez les spécialistes. Une Académie de l’export a été crée pour y remédier. Nous invitons régulièrement des professeurs et spécialistes en activité pour qu’ils tiennent des ateliers ». En outre, selon l’expert, la participation à des expositions, le réseautage international et l’utilisation d’outils de commerce électronique constituent un important facteur de croissance. Ainsi, la corporation pour l’export de la République du Tatarstan travaille avec la plateforme b2b-export.com dans le cadre d’un contrat et fait activement la promotion de la production du Tatarstan sur les marchés internationaux.

 

Afrique et Amérique latine

Malgré le fait que la Fédération de Russie ait toujours fait figure de partenaire fiable et amical pour les pays du continent africain, ces 20 dernières années ont été marquées par une pause dans les relations bilatérales du point de vue des affaires réalisées. A ce jour, l’intérêt manifesté par les entreprises et les hauts responsables gouvernementaux confirme la perspective d’un rétablissement de ces relations.

« L’Afrique est le continent numéro 1 en termes de croissance de la population jeune et la croissance du PIB de ses pays est très rapide », déclare Natalia Tsaïzer, présidente de l’Initiative Africaine pour les Affaires, fondatrice et rédacteur en chef du magazine Actif Africain. « L’Afrique est un partenaire stratégique global de la Russie et doit, de son côté, montrer qu’elle est prête à coopérer ».

Pour instaurer des relations commerciales bilatérales en Afrique, les entreprises russes doivent comprendre que le continent est composé de 54 pays où sont en vigueur différentes normes de droit. La méconnaissance des aspects juridiques peut induire des risques de nature à entraîner une perte de profits. Il est recommandé aux entreprises russes d’avoir recours à des ressources juridiques internationales, ainsi que d’examiner la possibilité de partenariat avec le cluster international des entreprises opérant sur le continent.

Malgré les représentations que s’en font les entrepreneurs russes, près de 50% des Africains ayant fait leurs études dans l’Union Soviétique exercent désormais de hautes responsabilités dans de grandes entreprises et sont prêts à travailler avec les entreprises russes.

« Il faut aller en Afrique en partenaire, pas en conquérant », fait remarquer Serge Phocas Odunlami, directeur général de l’OOO « Africa Service ». « L’Afrique a changé de mentalité, les économies de nombreux pays du continent ont besoin d’investissements, ce qui témoigne de son développement ».

Serge Phocas Odunlami rapporte les chiffres suivants :

– aujourd’hui, près de 50% de la population d’Afrique a moins de 18 ans ;

– un milliard d’Africains atteindront l’âge requis pour travailler d’ici 2040 ;

– le continent compte à présent 52 villes avec une population supérieure à un million d’habitants ;

– l’Afrique dispose de 60% des terres arables inexploitées au monde ;

– le taux de croissance du continent sur la dernière décennie s’élève à 5% par an.

Par ailleurs, les participants ont constaté au cours de la session que l’Egypte, par exemple, intéresse les entreprises du fait de ses accords de libre-échange multilatéraux et bilatéraux, qui garantissent l’accès à de grands marchés.

S’agissant de l’Amérique latine, Francisca Barbara Sarabia, Premier-conseiller de l’ambassade de Cuba, a précisé que même si Cuba va rester sous embargo économique, le pays change, développe son économie et commence à travailler plus activement avec les entrepreneurs. Le gouvernement cubain a pour intention d’attirer un flux d’investissement étranger pouvant aller jusqu’à 2,5 milliards de dollars par an. La priorité est donnée aux entreprises pouvant créer des chaînes de production, développer l’industrie et les infrastructures, ainsi que la production de denrées agricoles.

Proche-Orient et Syrie

Les marchés du Proche-Orient sont de larges marchés dotés de main d’oeuvre, dont le territoire se caractérise par un sous-investissement dans différents secteurs allant de l’agriculture à l’énergie et au raffinage du pétrole. Bien que le marché soit riche en hydrocarbures, ceux-ci sont exportés à l’état brut.  Voilà pourquoi, comme le dit Dmitri Kurychev, premier vice-président de la Banque ABC (Arab Banking Corporation), ce marché présente un intérêt pour les exportateurs russes du point de vue du commerce de biens non énergétiques : agriculture, produits de l’industrie mécanique, construction industrielle et non-commerciale. Dmitri Kurychev considère également qu’il existe une possibilité d’attirer des investissements pour la promotion des entreprises russes dans cette région. Nouveau secteur, « la finance islamique » se développe rapidement et est un des leviers pouvant aider les entreprises russes.

Selon l’expert, un autre marché porteur pourrait être l’Iran, qui passe actuellement des accords avec plusieurs pays importants dans le domaine de l’énergie. Aujourd’hui, le marché iranien est en train de s’ouvrir, y compris sur le plan financier. Bientôt, il sera possible de travailler avec les banques iraniennes, et ce pas seulement pour les représentants américains.

Réduction des risques logistiques

Après la longue phase par laquelle passent les exportateurs pour réussir à livrer leur marchandise, ils ont à faire face à un défi logistique complexe. Les années d’expérience accumulées par les entreprises travaillant dans ce domaine permettent de réduire les risques liés à tel ou tel pays.

Vladimir Zolotukha, directeur général adjoint de WENTECH GROUP (OOO «Entreprise pour le commerce et le transit extérieur»), a partagé ses vues sur la façon de réduire les risques dans les relations avec des pays faisant l’objet de sanctions :

  1. Avoir recours au principe de la liberté de l’Acte international sur la navigation maritime : seules les lois internationales s’appliquent dans les eaux ouvertes ;
  2. Utiliser une flotte qui ne se trouve pas sous un des pavillons de l’Union européenne, ce qui donne à la fois la possibilité d’éviter les escales sur les itinéraires à emprunter et de ne pas avoir à débarquer dans les pays de l’UE.
  3. La simulation de situation permet de discuter à l’avance avec les acteurs du marché du fret du type de marchandises et du pays de livraison, réduisant ainsi les risques de dépassement des délais de livraison.

Les exportateurs ont également intérêt à s’intéresser aux grilles tarifaires du transbordement de marchandises. Par exemple, certains ports moins connus de la mer d’Azov sont plusieurs fois moins chers que celui de Novorossiisk.

La prochaine rencontre des représentants d’entreprises russes avec des partenaires d’Afrique se tiendra lors du forum Russie-Afrique, qui se déroulera au Ghana les 13 et 14 mars 2017. Plus d’informations à propos du Forum sur: events.b2b-export.com.